Le 6 juin 1936, dans l'Illustrated London News, le public britannique peut découvrir une incroyable série de photographies d'un yogi indien, Subbayah Pullivar, surpris en pleine lévitation. P.Y. Plunkett, un des témoins de cette scène, raconte :

Il était un peu plus de midi et le soleil brillait à la verticale, effaçant toutes les ombres. Subbayah Pullivar se tenait tranquillement debout. Il portait les cheveux longs et une moustache pendante. Dans ses yeux, on pouvait lire comme une expression sauvage. Il nous salua et discuta un instant : il pratiquait cette forme de yoga depuis près de vingt ans. Dans sa famille, on était familier de ces techniques depuis plusieurs générations. Il nous donna l'autorisation de prendre des photographies de l'expérience. P.y Plunkett a compté près de cent cinquante personnes autour du yogi. La cérémonie rituelle commence quand quelques personnes répandent de l'eau autour de la tente dans laquelle la lévitation doit avoir lieu on interdit d'ailleurs aux porteurs de semelles en cuir de pénétrer à l'intérieur de ce cercle. Puis le yogi entre sous la tente, seul. Quelques minutes plus tard, les parois de la tente sont soulevées : le yogi est en train de flotter au milieu du cercle délimité par l'eau... Plusieurs témoins s'approchent pour vérifier s'il n'y a pas de supercherie. Subbayah Pullivar paraît être suspendu dans les airs, à 1 m du sol. S'il semble se tenir à un bâton recouvert d'étoffe, c'est plus pour des raisons d'équilibre que pour se maintenir dans l'air. P.Y. Plunkett et ses amis inspectent alors l'espace proche du corps du yogi : ils n'y trouvent ni cordes ni aucun artifice connu. Subbayah Pullivar leur apparaît être en transe. Pendant quatre minutes, de nombreuses photographies sont prises sous tous les angles. Puis, la tente est replacée autour du yogi, pour qu'il puisse redescendre sur terre dans le calme. P.Y. Plunkett a pu assister à cette descente à travers une fente pratiquée dans la fine paroi de la tente : au bout d'une minute, le yogi parut osciller. Il commença ensuite à descendre, lentement, toujours dans la position horizontale qui était la sienne depuis le début de l'expérience. Il lui fallut environ cinq minutes pour descendre du haut de son bâton jusqu'au sol. Lorsqu'il fut à nouveau à terre, ses assistants le portèrent au milieu du public. Ils nous demandèrent d'essayer de plier ses membres : même à plusieurs, c'était impossible... Subbayah Pullivar devait être frictionné à l'eau froide pendant plus de cinq minutes avant de sortir de sa transe et de retrouver l'usage normal de ses membres.





Comme dans de nombreuses lévitations, les témoins ont remarqué le mouvement d'oscillation du corps et la position horizontale, qui paraît souvent nécessaire. Sous la direction de Maharishi Mahesh, yogi, des étudiants en méditation transcendantale apprennent la lévitation. La scène se passe en Suisse, au quartier général du maître. Un des étudiants raconte : " On se balance, lentement d'abord, puis de plus en plus vite". Ensuite, on commence à s'élever dans les airs. Il faudrait faire l'exercice dans la position du lotus : on peut, en effet, se faire très mal si l'on " atterrit " avec les jambes ballantes. La première fois, ce doit être comme le premier vol des frères Wright. La première " descente " est souvent un premier choc : c'est pour cela qu'il faut être assis sur des coussins rembourrés. Ensuite, on arrive à avoir un certain contrôle de Son corps et l'exercice peut devenir très amusant.




En définitive, tout le monde peut-il connaître un jour un état de lévitation ? D'après ceux qui étudient la méditation transcendantale, cela est possible, au prix d'un rigoureux entraînement mental. La discipline spirituelle et. physique que s'impose un yogi semble tout particulièrement le préparer à défier la gravitation. Il existe également une manière controversée, de placer une personne en état de semi-apesanteur. Une personne est assise dans un fauteuil. Autour d'elle, quatre " expérimentateurs ". En plaçant seulement leurs index aux coudes et aux genoux de la personne assise, ces derniers devraient être normalement dans l'incapacité de soulever qui que ce soit... Ils y arrivent pourtant. Du moins, des centaines de témoins sont là pour l'affirmer. Il suffit, d'après ces témoignages, d'ordonner aux quatre expérimentateurs de placer leurs mains l'une sur l'autre, au-dessus de la tête, en prenant bien garde à ce qu'elles ne se touchent pas, et de se concentrer profondément pendant une quinzaine de secondes. Ensuite, à un signal, les quatre expérimentateurs replacent rapidement leurs index sur les coudes et sur les genoux de la personne à soulever. On voit alors celle-ci se mettre à flotter. Comment expliquer un tel phénomène, s'il se produit vraiment? La force de concentration de quatre personnes ayant un projet précis peut-elle "libérer" une ressource cachée de la volonté humaine, celle qui permettrait d'échapper aux lois de la pesanteur? y aurait-il une force "surnaturelle" et inexpliquée, comparable à celle qui guide la baguette des sourciers, qui réussirait à annuler? la force de la gravitation. Autant de questions pour lesquelles nous n'avons que des embryons de réponse. Il faut, avant tout, bien se garder d'être victime d'une supercherie.


Bennett, qui s'était fait moine bouddhiste : Bennett était devenu si léger qu'il pouvait se soulever comme une feuille, comme s'il échappait aux lois de la pesanteur. la lévitation ne semble avoir aucune utilité. La hauteur d'élévation ne dépasse généralement pas quelques dizaines de centimètres, au mieux 1 ou 2 m. On peut néanmoins se demander si quelques peuples de l'Antiquité ne possédaient pas les "clés" d'une lévitation plus importante. C'est ainsi qu'ils auraient pu effectuer de gigantesques travaux, comme les dessins d'animaux dans les collines crayeuses d'Angleterre, ou certaines "pistes" dans les déserts péruviens, qui ne sont visibles et compréhensibles que vues d'une certaine hauteur. Dans de nombreuses légendes du monde celtique, on rapporte de la même manière que les druides possédaient le pouvoir de "voler". Mais s'agissait-il de désincarnations, concernant uniquement la projection du corps astral, ou de véritables lévitations, qui engagent le corps physique ? Et ne s'agissait-il pas seulement de simples rêves, comme tout le monde peut en faire au cours de sa vie ? ..


A de rares exceptions près, la lévitation semble liée à un état particulier acquis après de longues séances d'entraînement. Le corps peut alors, poussé par une force mystérieuse, défier les lois ordinaires de la pesanteur. Peut-être existe-t-il une loi physique de la lévitation, une sorte de "Sésame, ouvre-toi" qu'auraient utilisé certains initiés. L'hypothèse de cette loi expliquerait certains cas de lévitations spontanées, demeurés fort troublants. En 1657, un jeune Anglais de douze ans, Henry Jones, a ainsi été "frappé" de lévitation. On l'a vu, en l'air, aller jusqu'à poser ses mains à plat contre le plafond. Le phénomène n'a duré qu'un an. Mais il a valu à sa victime une sérieuse réputation de sorcier ! Phénomène rare, la lévitation est à ranger avec les autres phénomènes anormaux inexpliqués par la science : incombustibilité, élongation corporelle, psychokinésie, etc.
Elle n'en est pas moins à prendre au sérieux. La possibilité d'échapper aux lois ordinaires de la gravitation nous conduit à nous poser de nouvelles questions sur la nature de nos pouvoirs physiques et psychiques. Ceux-ci resteront encore longtemps mystérieux...


Retour Accueil