La Main de Gloire, une amulette plutôt inquiétante, possède la réputation de rendre son propriétaire invisible et de paralyser ceux qui regardent sa lumière. Fort prisée des voleurs et cambrioleurs, quelques rares exemplaires trainent encore dans des musées. Celle du Surnatéum fut acquise à Londres, dans les années 20. Le nom de Main de Gloire dériverait du mot " Mandaglore ", lui-même tiré de la Mandragore, cette racine magique fort prisée par les occultistes des siècles précédents. Le modèle du Surnatéum comporte cinq chandelles, une pour chaque doigt. La tradition veut que dans ce cas, si la chandelle du pouce ne s'allume pas, c'est que l'une des personnes visées par le sort de fascination ne se laissera pas atteindre et fera capturer le voleur. Dans ce cas, le cambrioleur évite prudemment la maison. Pour contrer le sort d'une Main de Gloire, la légende veut que l'on jette du lait pour éteindre les chandelles.

De la main de gloire dont se servent les scélérats, voleurs, pour entrer dans les maisons de nuit, sans empêchement.

Recette en vigueur en l'an de grâce 1765

J'avoue que je n'ai jamais éprouvé le secret de la main de gloire; mais j'ai assisté trois fois au jugement définitif de certains scélérats qui confessèrent à la torture s'être servis de la main de gloire dans les vols qu'ils avaient faits; Et comme dans l'interrogatoire on leur demanda ce que c'était, et comment ils l'avaient eue, et quel en était l'usage, ils répondirent premièrement, que l'usage de la main de gloire était de stupéfier et de rendre immobiles ceux à qui on la présentait, en sorte qu'ils ne pouvaient non plus branler que s'ils étaient morts: Secondement, que c'était la main d'un pendu, troisièmement, qu'il fallait la préparer de la manière suivante. On prend la main droite ou gauche d'un pendu exposé sur les grands chemins, on l'enveloppe dans un morceau de drap mortuaire, dans lequel on la presse bien pour lui faire rendre le peu de sang qui pourrait rester, puis on la met dans un vase de terre avec du zimet, du salpêtre, du sel et du poivre long, le tout bien pulvérisé, on la laisse durant quinze jours dans ce pot, puis l'ayant tirée, on l'expose au grand soleil de la canicule, jusqu'à ce qu'elle soit devenue bien sèche, et si le soleil ne suffit pas, on la met dans un four qui soit chauffé avec de la fougère et de la verveine, puis l'on compose une espèce de chandelle avec de la graisse de pendu, de la cire vierge et du siasme de lapouie, et l'on se sert de cette main de gloire comme d'un chandelier pour y tenir la chandelle allumée, et dans tout les lieux ou l'on va avec ce funeste instrument, ceux qui y sont demeurent immobiles, et sur ce qu'on leurs demanda, s'il n'y avait point de remède pour se garantir de ce prestige, ils dirent que la main de gloire devenait sans effet, et que les voleurs ne pouvaient s'en servir si on frottait le seuil de la porte de la maison ou les endroits par où ils peuvent entrer, avec un onguent composé de fiel de chat noir, de graisse de poule blanche et du sang de chouette, et qu'il fallait que cette confection fût faite dans le temps de la canicule.

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