Sorcellerie ---Il est courant en Afrique d'acheter à un envoûteur une protection magique, par exemple pour éloigner les voleurs de son champ. Quand on a dérobé un bien à quelqu'un, celui-ci va trouver le jeteur de sorts : le voleur inconnu sera gravement frappé s'il ne restitue pas le bien au plus vite. Dans les îles Trobriand (Mélanésie), les chefs de tribus ont fréquemment recours aux envoûteurs contre les sujets rebelles à leur autorité. Ces pratiques sont légitimes. La sorcellerie, en revanche, fait essentiellement appel au mal. Par principe, dès qu'il s'agit de sorcellerie, le malheur est tenu pour injuste. La distance qui sépare les sorciers des magiciens est souvent difficile à fixer ; une différence fondamentale les distingue néanmoins : les seconds pourraient avoir une certaine justification ; les autres n'en ont pas.

Cannibalisme---En Afrique, les accusations de sorcellerie s'énoncent constamment en termes d'atteintes au corps humain : le sorcier " mange " la chair de ses victimes, " boit " leur sang ou les mutile en leur enlevant un membre ou un organe. C'est souvent par de telles imputations que l'on explique la maladie ou la mort. Marc Augé a montré que le soupçon d'anthropophagie disparaît avec la distance (sociologique et géographique). À l'intérieur d'une communauté, les représentations de la sorcellerie et les fantasmes de dévoration qu'elle induit dépendent étroitement des conceptions locales qu'on se fait des différentes instances psychiques composant la personne.

Magie---On a tendance en France à réserver, de plus en plus, le terme de magie à la magie blanche, et à appeler plutôt sorcellerie la magie noire ; dans les ouvrages anglo-saxons, cette opposition correspond, grosso modo, à l'opposition chaman (magie curative) et sorcier (fauteur des maladies, de la folie et de la mort), bien que l'on reconnaisse que souvent le chaman travaille de la main gauche et que le sorcier peut être appelé à défaire ce qu'il a fait, rendant la santé aux malades.



Mandragore---La mandragore renferme le trio d'alcaloïdes, atropine, hyoscyamine, hyoscine, auxquels s'adjoignent diverses autres substances, surtout dans la racine. Celle-ci, pivotante, allongée (jusqu'à 50 ou 60 cm), présente un aspect charnu, blanchâtre, mais elle est assez souvent bifurqué et rappelle alors vaguement un corps humain réduit au tronc et aux jambes. On employait déjà la mandragore dans l'Égypte ancienne. Les hippocratiques connaissaient ses effets sédatifs. Au XVIIIe siècle, elle était encore usitée, surtout à l'extérieur, comme résolutive et analgésique (tumeurs, douleurs rhumatismales, entre autres). On la croyait aussi aphrodisiaque. Rarement employée de nos jours, mais pouvant être substituée à la jusquiame, la mandragore garde un renom maléfique, écho des pratiques macabres qu'elle a inspirées au long des siècles.

Bantou---Une racine bantoue commune (-dog ) désigne le sorcier malfaisant ou son action nocive, socialement condamnée, qu'elle s'exerce inconsciemment ou consciemment, par envie ou par haine. Partout dans le monde bantou, un homme se dresse pour enrayer ces maléfices : le terme qui le désigne remonte à une autre racine bantoue commune : n-ganga . L'activité du nkanga (Mongo) ou du nganga (Kongo, Luba) est socialement approuvée et encouragée. C'est lui qui restaure l'intégrité de l'homme et de la société, menacée par la puissance occulte des sorciers ou des esprits courroucés.

Hystérie---Les crises observées de nos jours sont généralement tronquées, de courte durée, mais n'en restent pas moins fort spectaculaires. C'est lors d'hystéries collectives que les attaques atteignent au paroxysme. L'épidémie de danse de Saint-Guy qui sévit en Allemagne à la fin du Moyen Âge, les sabbats de sorcières relatés dans les procès de sorcellerie, les scènes d'hystérie convulsive autour du baquet de Mesmer ou sur la tombe du diacre Pâris au cloître Saint-Médard, les conversions épidémiques du revivalisme sont autant d'exemples de cette hystérie convulsionnaire épidémique dont la " psychiatrie transculturelle " a fait connaître des équivalents contemporains : le mal de pelea à Porto Rico, le pibloktoq esquimau.




Retour Parapsychologie