Objets mystérieux d'une incroyable densité, les "trous noirs" déforment l'espace et le temps. En même temps, ils bouleversent notre connaissance de la réalité cosmique. Pour certains scientifiques, ils nous ouvrent peut-être les portes d'univers parallèles au nôtre.

Imaginons un trou dans le tissu de l'espace. Essayons de nous représenter une déchirure dans notre univers, par laquelle une étoile "s'effondrerait" sur elle-même. Un lieu où la matière s'engouffrerait, d'où rien, pas même la lumière, ne pourrait s'échapper... Dans ce "trou noir", il n'y aurait ni haut ni bas, ni droite ni gauche. Le temps et l'espace auraient interverti leurs rôles habituels. Imaginons encore un voyageur de l'espace, assez malheureux pour tomber dans un de ces trous noirs: Il serait aspiré vers le centre par une force irrésistible et disparaîtrait... broyé, moulu, pulvérisé dans un trou béant de quelques kilomètres de diamètre où l'espace n'existe pas, où l'attraction de la pesanteur est plus forte que n'importe où ailleurs dans l'Univers...

Il faut attendre la Théorie générale de la relativité, publiée par Albert Einstein, en 1916, pour que les trous noirs s'insèrent dans un cadre mathématique possible, sans qu'on puisse pourtant prouver leur existence, ni même les faire prendre au sérieux par les astronomes officiels. En 1939, Robert Oppenheimer, le "père de la bombe atomique", et H.Snyder parviennent à démontrer que les fameux trous noirs peuvent se former au cour de l'implosion d'une étoile: Même si ces trous noirs existaient, comment pourrions-nous le savoir? Comment détecter, à des milliards de kilomètres, de petits objets complètement noirs, leur répondent les autorités scientifiques du moment... Et ce n'est qu'au cours des années soixante et soixante-dix que les premiers trous noirs seront "aperçus" dans les radiotélescopes des astronomes, qui repéreront des objets qui émettent d'énormes quantités de radiations, mais sans aucune lumière.



Autre vue de M 51

A=singularité B=horizon

M 51 une galaxie en
spirale comparable à
notre voie lactée


Le Bras d'Orlon ci-contre: il contient assez de fer, de nickel et d'autres matières premières pour permettre à l'homme de construire un trou noir artificiel. A une année-lumière de la Terre, cette collection de poussières cosmiques pourrait être déplacée par un champ magnétique géant, créé en chauffant au laser l'hydrogène spatial. Ce trou noir artificiel permettrait à l'homme de changer d'univers et peut-être de voyager dans le Temps...


Les radioastronomes de Cambridge qui, en 1967, ont découvert des étoiles à pulsations, leur ont donné le nom de pulsars.
Etudiant les rayons X venus de l'espace, les astronomes ont également découvert des pulsars en orbite autour de certaines étoiles ordinaires. Dans ce cas, le pulsar "emprunte" des gaz à sa voisine. Ces gaz, en tournoyant autour du pulsar, s'échauffent jusqu'à émettre des rayons X, mais pas de lumière. C'est une première démonstration de l'existence des trous noirs...


De même, alors que la théorie suggère que ni une naine blanche ni un pulsar ne peuvent être plus lourds que trois fois notre Soleil, certaines étoiles paraissent associées à des sources de rayons X plus lourdes que cette limite. La mieux connue de ces manifestations se trouve dans la constellation du Cygne, avec une étoile répertoriée Cyg X-l. l'analyse du parcours de cette étoile qui ne se manifeste que par les rayons X émis par son disque de gaz en spirale, et qui voisine avec une étoile géante appelée HDE 226868, montre qu'elle est au moins six fois plus lourde que le Soleil. Trop lourde pour être un pulsar ou une naine blanche, Cyg X-l, l'étoile invisible, doit être un de ces étranges trous noirs. Il y a des millions d'années, Cyg X-l devait être une étoile géante, qui a explosé en supernova avant d'expirer sur l'orbite de HDE 226868. Ce sont les nuages de gaz arrachés à cette dernière étoile qui tombent dans le trou noir et émettent un ultime jet de rayons X avant de disparaître. Une bonne demi-douzaine d'autres sources de rayons X ont des caractéristiques semblables à celle de Cyg X-l, et il est probable qu'elles abritent également des trous noirs.


Bien entendu, ces preuves ne sont encore qu'indirectes, mais la plupart des astronomes s'accordent pour considérer que ces trous noirs sont bien plus qu'une illusion de théoricien. Si la matière peut, dans notre univers, s'effondrer et disparaître à jamais, si elle peut creuser un "trou" dans la structure de notre univers, il faut maintenant se demander où peut bien conduire ce trou, sur quel univers il peut déboucher...

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